Une entreprise doit avoir plusieurs banques si elle souhaite préserver son indépendance et obtenir les meilleurs conditions de financement.
Pour bien choisir sa banque professionnelle, il faut bien connaître les spécificités de chacune d’entre elles.
Nous avons effectué un classement des banques d’entreprises présentes sur le territoire français et listé les critères qui vous permettront de constituer votre pool bancaire de manière pertinente.
Les banques françaises de dimension internationale
BNP Paribas et la Société Générale.
il s’agit des deux premières banques françaises en terme de nombre de collaborateurs et d’agences. A titre d’exemple, BNP Paribas compte plus de 200 000 salariés et 6000 agences et se classe 12 ème au niveau mondial en termes de capitalisation boursière.
Très respectées dans le monde bancaire, du fait de leur ancienneté et de leur solidité, elles offrent à leur clientèle une gamme extrêmement large de produits et services bancaires. Ce sont des banques quasi incontournables pour des entreprises bénéficiant de plusieurs implantations en France ou à l’étranger.
Généralistes dans l’âme, ces deux géants de la banque s’adressent à toutes les entreprises, de la TPE à la multinationale.
Elles sont néanmoins très exigeantes vis-à-vis de la qualité et du comportement de leurs clients et n’hésitent pas à les “lacher” si la situation de l’entreprise leur semble mauvaise ou le comportement du dirigeant inapproprié. Le “turn-over” de leur personnel y est également plus important que chez les mutualistes et les banques régionales. Il est par conséquent plus difficile d’y nouer une relation stable avec le conseiller qui vous suit.
Les banques françaises de dimension nationale
Il s’agit du Crédit Lyonnais (filiale du Crédit Agricole) et du Crédit du Nord (filiale de la Société Générale).
L’une et l’autre sont nées avec la révolution industrielle et bénéficient d’une solide expérience et légitimité vis à vis du marché des entreprises. Elles ont des modes de fonctionnement très proches de BNP Paribas et de la Société Générale en termes de prise de décision d’octroi de crédit, mais ne disposent pas d’une implantation internationale en propre.
Leur taille est significativement plus petite. 8 700 salariés pour 800 agences par exemple pour le Crédit du Nord.
Leur histoire récente et leur stratégie de développement est très différente. A la fin des années 80, le Crédit Lyonnais était la première banque européenne. Du fait de difficultés financières importantes, son réseau international a été cédé ainsi que nombre de ses filiales. Son réseau national a été repris quant à lui par le groupe Crédit Agricole qui met l’accent en termes de communication sur le développement de la clientèle privée.
Le Crédit du Nord a connu durant la même période un développement régulier, qui s’est appuyé notamment sur ses 7 filiales régionales qui couvrent tout le territoire français ( Banques Rhône-Alpes, Courtois, Kolb, Laydernier, Nuger, Tarneaud et Société Marseillaise de Crédit ).
Ces deux banques sont à conseiller à des entreprises ayant une implantation régionale ou nationale.
Les banques françaises de dimension régionale
Malgré une forte concentration de ce type de banque au cours des dernières années, elles sont encore très nombreuses. Ce sont principalement des banques locales et familiales qui ont été intégrées à des groupes bancaires de taille nationale.
Dans notre région (Bretagne Pays-de-Loire), il s’agit par exemple de la Banque Tarneaud (filiale du Crédit du Nord) et du CIC Ouest (filiale de la Banque Fédérative du Crédit Mutuel).
Les banques régionales se caractérisent par une dimension plus modeste : 600 salariés et 73 agences pour la banque Tarneaud par exemple.
Très ancrées dans leur territoire, elles gèrent souvent les comptes de l’entreprise et des dirigeants. Ayant une clientèle très fidèle et un personnel plus stable que dans les établissements financiers précédents, la relation humaine avec les entrepreneurs y est plus forte.
Elles sont plus limitées pour les montages internationaux et les opérations d’ingénierie financière importantes, mais c’est un bon choix pour les entreprises de dimension locale ou régionale.
Les banques mutualistes et coopératives
Il s’agit du Crédit Agricole, du Crédit Mutuel, de la BPCE (Banque Populaire Caisse d’épargne) et du Crédit Maritime.
Sous des apparences de grands établissements financiers, 160 000 salariés pour 11 500 agences pour le Crédit Agricole par exemple, se cache en réalité des fédérations de banques départementales et régionales de taille beaucoup plus modeste, qui se livrent une vive concurrence sur le terrain (39 caisses différentes pour le Crédit Agricole, 20 pour les Banques Populaires, 17 pour les Caisses d’Epargne et le Crédit Mutuel).
Présentant la particularité d’appartenir à leurs sociétaires et intervenant sur un territoire limité, elles ont généralement plus de difficultés à se désengager vis à vis des entreprises rencontrant des difficultés.
La Banque Populaire, fondée par des commerçants et des artisans au début du 20 ème siècle, et le Crédit Mutuel sont les plus actives sur le marché des TPE et des PME . Les Caisses d’Epargne et le Crédit Agricole sont venues quant à elles, plus tardivement sur le marché des entreprises, notamment en zone urbaine pour le Crédit Agricole.
Les banques mutualistes sont particulièrement adaptées au financement des TPE et PME. Elles offrent à la fois, proximité, fidélité naturelle et une relation plus stable avec les chargés de clientèle, du fait de réseaux d’agences plus petits que ceux des banques nationales et internationales.
Les banques d’affaires
On trouve dans cette catégorie des banques comme NATIXIS (fililale de la BPCE) et CA CIB (filiale du Crédit Agricole) qui interviennent auprès des entreprises de plus de 80 millions d’euros de chiffre d’affaires. Spécialisées dans les crédits structurés (financement de navires ou d’avions par exemple), elles sont également très présentes à l’international et sur les marchés financiers.
ARKEA banque entreprises (filiale du Crédit Mutuel) et la banque PALATINE (filiale des Caisses d’Epargne) s’adressent pour leur part aux sociétés de plus de 15 millions d’euros de chiffre d’affaires. Spécialisées sur le marché des belles PME, ces petites banques (19 centres d’affaires par exemple pour ARKEA banque entreprises) se positionnent intelligemment en termes d’offre de services et de proximité des dirigeants, notamment sur le plan patrimonial pour la banque PALATINE.
Ne disposant pas de réseaux commerciaux à l’étranger, ni d’une couverture complète du territoire national, elles s’adressent en priorité aux PME régionales.
Les banques étrangères
Nombre d’entre elles ont essayé de pénétrer le marché français depuis les années 80, mais elles s’y sont toutes “cassées les dents” qu’elles soient américaines, anglaises, japonaises, italiennes ou espagnoles, compte tenu de la surbancarisation du marché Français et de la concurrence exacerbée que se livrent les banques entres elles.
HSBC a procédé différemment en rachetant le Crédit Commercial de France et ses filiales, et elle représente aujourd’hui la seule banque étrangère implantée de manière significative sur le territoire national, avec 400 agences et 10 000 collaborateurs.
Deuxième banque au niveau mondial en termes de capitalisation boursière, elle constitue un excellent partenaire financier pour une entreprise à vocation internationale, en particulier en Asie ou aux Etats-Unis. Elle s’adresse aux très belles PME et aux professionnels libéraux. Mais attention, son positionnement de choix et l’étroitesse de son réseau, lui permettent de trier sa clientèle et de ne retenir que les entreprises de qualité…
En conclusion, nos recommandations pour constituer votre pool bancaire sont les suivantes :
– veillez à choisir des banques de catégories distinctes, afin de bénéficier de leurs différences culturelles et de la complémentarité de leur offre de services (exemple : HSBC et Banque Populaire).
– évitez de prendre des banques ayant des liens capitalistes entre elles (maison mère et filiales). Par exemple : Société Générale, Crédit du Nord et banque Tarneaud, vous risqueriez d’avoir une position restrictive commune en cas de difficultés dans votre entreprise.
– choisissez des banques différentes à titre personnel et professionnel, de façon à éviter le cumul des encours de crédit et à conserver votre indépendance patrimoniale.
Nos prochains articles seront consacrés aux questions suivantes :
- Pourquoi les banquiers sont frileux ?
- Comment rassurer les banques et les convaincre de vous faire confiance ?
- Comment répartir les flux et crédits entre ses banques ?
- Quand et comment communiquer avec ses banques ?
- Que peut-on négocier avec sa banque et comment s’y prendre ?
Pour plus d’informations et un approfondissement de tous ces thèmes, nous vous recommandons la lecture du « Guide Pratique des RELATIONS BANQUES-ENTREPRISE » paru en 2011 aux éditions Eyrolles, rédigé par notre équipe de consultants.

